DECOUVERTE

Le muscadier, un arbre persistant, de hauteur moyenne et dense, est originaire des îles Moluques, Banda et de Malaisie. Il fut transporté dans la plupart des régions tropicales. Les pays d’origine exportent plus de 1000 tonnes de graines chaque année. Son nom scientifique est Myristica fragans et fait partie de la famille des Myristicacées.

En anglais, elle est appelée Nutmeg, en Thaïlande : Chan thet, en malais : Buah pala, Nuez moscada en espagnol, Muskatnuss en allemand.

La noix de muscade était méconnue des Grecs et des Romains. Elle fut rapportée des Indes, au Moyen Age, par les Arabes. Jusqu’en 1605, ce sont les portugais, puis les hollandais le marché des épices en vendant la muscade à prix d’or.

A la même époque, la Compagnie des Indes en Malaisie détruisit toutes les plantations de muscadiers dans les îles avoisinantes. Durant la fin du Moyen Age, la muscade était l’épice orientale la plus chère en Europe. En 1512, les Portugais prenaient possession des îles de l’archipel des Moluques, ensuite les Hollandais, les anglais, les espagnols. Ils se battront pour pouvoir avoir la propriété de cet archipel. Les hollandais conservèrent le monopole.

La culture du muscadier se propagea aux Antilles vers 1820 seulement et dans tout les pays tropicaux grâce à Pierre Poivre. Ce français en 1768 réussit à déjouer la surveillance militaire et déroba ainsi quelques plants pour les replanter à l’île Maurice. Avec la complicité de Joseph Hubert à la Réunion, il réussit à l’introduire dans l’île du côté de Saint-Benoît. Et c’est à la Réunion qu’il poussera en premier, et non aux Antilles. Les principaux pays producteurs aujourd’hui sont les îles asiatiques (Indonésie notamment), les Comores, Madagascar et quelques îles des Caraïbes.

Appelée autrefois noix indica, la noix de muscade fut une des épices les plus en vogue.

Son huile fut découverte à la fin du XVIII ème siècle, ce qui permit de mieux connaître ses propriétés pharmacologiques. Elles contiennent 30% d’huile et 30% d’amidon, mais seule leur teneur en huiles essentielles et en particulier la myristicine joue un rôle quant à leur utilisation. Cette substance n’est pas inoffensive. Consommée à forte dose, elle provoquerait des hallucinations, du délire… La consommation d’une demi noix peut être mortelle pour l’homme. C’est pour cette raison qu’on l’utilise en poudre afin que la dose ne soit pas dépassée. Cette épice est râpée au fur et à mesure des besoins, car sinon la poudre perd tout son arôme. En Asie, elle est souvent vendue avec sa coque dure, dont on se débarrasse en la cassant.

Le muscadier est un arbre donnant des fleurs ressemblant au muguet, au pêches, munies d’une enveloppe charnue s’ouvrant à maturité. Le fruit est jaune pâle, il a la particularité de s’ouvrir sur l’arbre en laissant apparaître un noyau brun foncé entouré d’une maille rougeâtre, appelée arille. Les graines sont qualifiées à tort de noix. Ces noix sont utilisées comme condiment pour épicer des mets (pâtisseries, viandes, soupes), comme ingrédients de liqueur ainsi que dans la parfumerie.

C’est une épice très recherchée. Elle faciliterait la digestion. A dose modérée, elle serait aphrodisiaque, tonique et excitante. La noix de muscade est d’excellente qualité lorsque piquée à l’aide d’une aiguille, elle laisserait échapper de minuscules gouttelettes d’huile.

La muscade fait partie de nombreux liniments et baumes utilisés en friction lors des entorses, les rhumatismes et autres… C’est aussi un des ingrédients de l’eau de Mélisse des Carmes, du liniment de Rosen de Rosenstein, de l’élixir de Garus. Elle est utilisée aussi en parfumerie pour fabriquer savon et shampooing.

La noix de muscade a inspiré une comptine :

« J’avais un petit muscadier et rien ne poussait,

Sauf une noix de muscade en argent et une poire en or,La fille du Roi d’Espagne vint me rendre visite,

Seulement à cause de mon petit muscadier. »

La tradition culinaire de l'Île de la Réunion remonte à l'époque des premiers esclaves africains, ils emmenèrent avec eux leur savoir-faire ancestral. Puis les colons se faisant de plus en plus pressant quant à la structuration de l'Île, les chinois et les hindous arrivèrent à leur tour. De là découle une gastronomie riche de cette diversité gastronomique. Alliance de goût, relevée par son piment, l'harmonie avec le climat tropical se fit sans aucun mal. Cet art culinaire s'est transmis génération après génération, d'une base simple, la multiplicité en a fait une cuisine à part entière......oui, mais attention la cuisine réunionnaise ne se déguste pas n'importe comment !
Un petit rituel veut que le riz soit placé au fond de l'assiette, que les grains soient rajoutés par dessus et en dernier, le plat. Les rougails & achards sont servis dans un plat à part.
- Enfin le moment de déguster arrive : ne mélangez pas grossièrement les éléments dans votre assiette, prélevez successivement les mets, puis laissez vous aller à découvrir ces saveurs.
- Les tartes, gâteaux, et autres desserts se dégustent, en général, dans l'après-midi.

 

 

Fort heureusement, la loi oblige à laisser un passage libre dans le courant pour permettre à une partie des alevins de gagner le cours supérieur des rivières et ainsi perpétuer l'espèce.

(1) Vouve : du malgache « vova » nasse en osier ou en nervures de rafia ou raphia utilisée principalement pour la pêche aux bichiques. On retrouve les mêmes formes en Chine, en Mélanésie et à Madagascar.

Dans les bonnes années, il était courant d'en exporter autrefois à Maurice et à Madagascar, je ne pense pas que c'est encore le cas de nos jours. Pour sa consommation, le réunionnais achète bien souvent du surgelé, mais qui ne vaut pas celui de notre île avec son goût de coquillages.

(Bichique, est-ce masculin, ou féminin, je ne sais pas trop, alors nous parlerons comme si ce mot était au masculin, car les usages le veulent ainsi).

Ce sont de petits poissons rappelant la civelle. Ils naissent des cabots, des loches, des boucherondes et autres poissons d'eau douce. Ces alevins, nés de gobéïdés d'eau douce remontent les rivières comme les jeunes anguilles. Ils sont alors pêchés dans des nasses spéciales de forme conique qu'on appelle « vouves » (1). Les pêcheurs placeront leurs « vouves » dans le « courant », la gueule tournée vers la mer.

Pourquoi les bichiques se groupent-ils à l'embouchure des cours d'eau ? Il semblerait qu'ils recherchent des eaux très oxygénées, des eaux peu minéralisées. A cet endroit, ils se nourrissent de micro-organismes végétaux.

Dans l'année, leur arrivée coïncide avec le carême. La plus fameuse espèce de bichiques est la bichique dite « la rose », d'où l'exclamation des vendeurs aux petits bazars ou sur le bord des rues en ville : « V'là bichique rose » !

Le carême est la saison des capucins mais aussi celle des bichiques. Est-ce vraiment encore le cas, à l'heure actuelle où même les fruits sont contre-saison ?

L'excédent de la pêche était autrefois transformé en conserves ou encore séché, mais à l'heure actuelle il n'y a pas assez pour la consommation courante.

Les caris de bichiques sont de renommées mondiales. Si en France la civelle est peu connue, par contre ici dans notre « île à grands spectacles » comme on l'appelle, les bichiques sont un régal. Certains attribuent le nom de bichique à la façon dont un missionnaire s'y prenait pour parler d'une montée d'alevins : « Ah pichicouli pichicouli ! ». Pourtant selon un rapport établi par P. Delacroix, le mot bichique serait issu du malgache « bitsika » qui signifie « petit ». Comme on peut le constater, l'origine du mot est incertaine !

Saint-Benoît n'est pas un centre de pêche en haute mer : en revanche, l'endroit est renommé pour ses « bichiques » (spécialités réunionnaises). Ce sont de tout petits poissons, minuscules alevins de différentes espèces, loches, cabots, anguilles. Ils ont une taille d'environ trois centimètres, remontent les rivières et y grossissent. Apparemment l'adulte vit uniquement dans les eaux douces. Au moment de la ponte, l'adulte gagne la mer. Les oufs éclosent en mer. Quand les « bichiques » ont 2 à 3 cm, ils se dirigent en bandes vers l'embouchure des rivières, à la recherche d'une eau meilleure.

Ces alevins se regroupent à l'embouchure des rivières aux changements de lune, plus souvent en été qu'en hiver. A ce sujet, les réunionnais ont imaginés un moyen pour reconnaître dans quels mois on pouvait en trouver : ils récitent les mois de l'année, janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre. Les mois qui sont soulignés comportent la lettre R, et par conséquent on a la chance de pêcher une quantité suffisante ; par contre, de mai à août, ce n'est pas le cas. Ceux pêchés en saison chaude sont plus gros que ceux pêchés en hiver.

Les bichiques sont transparents et roses dans l'eau de mer et deviennent gris et opaques dans l'eau douce, d'où les deux qualités trouvées sur le marché. Ils remontent les cours d'eau et les parois rocheuses des cascades grâce à de petites ventouses. La pêche en ces lieux est actuellement aménagée, car autrefois, c'était de véritables acrobates qui sautaient, afin de se rendre sur place pour y déposer leurs nasses. On les pêche dans toute l'île mais plus fréquemment sur la côte est, avec des vouves qui sont de différentes tailles faites de « nics de mouffias ou « nics de coco »(partie de la nervure centrale des palmes de mouffia ou de cocotier). C'est une pêche originale qu'on ne trouve nulle part ailleurs.

A l'embouchure de la rivière ces nasses sont placées dans l'eau et les alevins y restent pris ; on les pêche avec des filets à mailles fines plus loin en mer.

Chaque pêcheur a « son canal » c'est-à-dire un espace qui lui est réservé et qu'il défend à quiconque d'utiliser. C'est à celui qui occupe les lieux en premier, il me semble. Alors, c'est pourquoi quand il y a conflit entre deux pêcheurs, le second « fane » de l'eau de Javel dans la mer afin d'intoxiquer la prise de l'autre, et pour que celui-ci ne puisse pas écouler ses alevins qui représentent tout de même, l'or gris de l'île.

Il était autrefois fréquent devant l'abondance des « bichiques » de les faire sécher ou les mettre en conserves. A présent, ces alevins se font tellement rares, et hors de prix, qu'on ne les met guère en boîtes ou à sécher.